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SAIVE Marianne à Hornu

MONS 2015 par 4 carre

 

Dans le cadre de « Mons 2015 », l’artiste plasticienne Marianne Saive nous invite à découvrir ses dernières sculptures à la Fondation Joseph Lazzari, à Hornu, où elle est née, et dont elle est Citoyenne d’honneur. Le photographe autodidacte Georges Buschini, qui se considère comme un reporter du quotidien, l’accompagne aux cimaises.

L’œuvre de Marianne Saive oscille entre l’éloge exubérant de la nature et de toute chose qui garde la marque d’une main humaine et l’intensité de la vie intérieure… Ce regard pénétrant, cette méditation, cette interrogation qui transparaît dans les faces d’argiles.

Il y aurait beaucoup à dire sur la personnalité de Marianne Saive qui a développé avec bonheur plusieurs carrières.

Rappelons qu’après avoir suivi des études à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Mons, avec des professeurs d’envergure comme Busine, Camus, Dubrunfaut, Marchoul, ou encore Van Paemel, elle y deviendra elle-même professeur de dessin.

Un moment inoubliable de son parcours d’artiste : « La grande étape marquante, c’était en 1988 », se souvient-elle, « mon exposition personnelle de 350 œuvres. C’était important de voir mon nom au Grand-Hornu, c’était une émotion de me retrouver dans cette grande salle, dans ce lieu où j’avais joué, toute petite. »

Depuis 1968, la vie de Marianne Saive est jalonnée de nombreuses expositions, comme celles à l’Espace Wallonie-Bruxelles, à l’Espace Wallonie-Mons ou dans diverses galeries du pays.

Relevons, en 2010, l’exposition Oh ! Les yeux ! où l’artiste permet aux personnes malvoyantes ou non voyantes de découvrir ses œuvres par le toucher (avec la  collaboration de Willy Mercier, malvoyant).

Marianne Saive ne se contente pas d’être une artiste plasticienne, elle est également écrivain et a publié divers ouvrages (Terre de misère, La Vie de Milie…). Très attachée à ses racines boraines, et admirative devant la personnalité de Marius Renard, romancier populiste qui a marqué les lieux, elle lui a consacré une monographie :

Me promenant aujourd’hui dans les corons du Grand-Hornu et passant devant l’une des maisons qui fut sienne, je ne puis m’empêcher de penser que je mets mes pas dans les siens. Pour avoir été ce que vous fûtes; pour m’avoir regardée grandir en vos sillages, je peux, par ces mots, vous rendre hommage. Merci Marius Renard ! (extrait du livre : Marius Renard – Regard et Eclairage – 2004)

Elle est aussi designer-créatrice de vêtements et d’objets pour enfants et illustratrice de contes.

Ou encore animatrice, section arts plastiques, au Service des Affaires culturelles du Hainaut-Province du Hainaut.

Ou encore professeur de modelage, céramique à l’Académie internationale d’été de Wallonie (avec la collaboration des Affaires culturelles de la Communauté française de Belgique – Virton-Wellin-Libramont. Conseiller artistique : René Léonard.)

En 1990, Marianne Saive participe aussi à l’installation du Centre culturel d’Hornu-Boussu et est responsable de la Cellule « Arts plastiques » de 1990 à 1998.

Terminons ce trop bref tour d’horizon de la carrière de Marianne Saive, qui mérite qu’on s’y attarde davantage, par l’énumération de quelques prix, dont  ceux  du Ministère des Classes moyennes (section tapisserie), le Prix des Cinq Clochers, Tournai (1988), le Prix de la Pensée Wallonne (2002), le Prix Borinage, Cercle royal borain du Borinage (2005).

Noëlle Lans

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Exposition Marianne Saive et Georges Buschini

Fondation Joseph Lazzari – « Quai Saint Martin » – 7, rue Saint Martin 7 – 7301 Hornu

 

Pietro Pizzuti et les arts de la scène

Évoquer, en quelques lignes, la personnalité de Pietro Pizzuti, pour qui l’épanouissement éthique est un devoir, et l’intérêt de la collectivité, universel, tiendrait de la gageure tant l’homme est riche de talents multiples et de facettes surprenantes. Puissamment humain, il est ulcéré par les injustices qui règnent sur notre planète : Ne sommes-nous qu’une humanité qui bafoue, impunément, à longueur de guerres et de massacres, ces trente articles (charte des Droits de l’homme) confectionnés pour servir de pense-bête à ce qui devrait être un jour une espèce humaine digne de ce nom ? Je refuse de le croire… En tant que comédien, qui joue, écrit et met en scène depuis des décennies dans notre pays, il milite, comme il le peut, pour une société plus juste car, déclare-t-il : Il nous incombe de réaliser ensemble la sauvegarde et la distribution équitable des biens vitaux pour notre espèce. Sans quoi nous ne méritons pas l’appellation d’humains.

Sur le plan professionnel, rappelons simplement qu’il est comédien, metteur en scène, auteur, traducteur… et qu’il vit en grande complicité avec tous les métiers de la scène, cet espace magique qui représente la plus belle « aire de service » dans un monde devenu une gigantesque autoroute de l’information.

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Né à Rome, en 1958, et après une licence en sociologie à l’UCL, il poursuit ses études au Conservatoire Royal d’Art Dramatique de Bruxelles auprès de Claude Étienne et de Pierre Laroche.
Au théâtre, il joue sous la direction de metteurs en scène comme Bernard De Coster, Jean-Louis Barrault, Maurice Béjart, Philippe Sireuil, Jules-Henri Marchant, Christine Delmotte… pour ne citer que quelques noms, et au service d’auteurs tels que René Kalisky, Jean-Marie Piemme, Henry Bauchau, Philippe Blasband, Eugène Savitzkaya, ou encore Alessandro Baricco, parmi bien d’autres.
Au cinéma, il tourne pour des réalisateurs incontournables du royaume : Chantal Akerman, Marion Hänsel et les frères Dardenne.
Parmi d’autres temps forts de son parcours, retenons que Pietro Pizzuti a été chargé de cours aux Conservatoires d’Art Dramatique de Bruxelles et de Mons, qu’il a enseigné à l’Atelier de Graphisme de La Cambre, qu’ il a été conseiller artistique de la Maison du Spectacle la Bellone et membre fondateur des Brigittines, le Centre contemporain du mouvement et de la voix de la Ville de Bruxelles…et qu’il s’est investi dans la traduction et la création en français d’auteurs italiens tels que Ascanio Celestini, Fausto Paravidino, Giorgio Gaber, Stefano Massini, Antonio Tarantino…
Pietro Pizzuti a également récolté quantité de prix : celui, très convoité, de « Ève du Théâtre », en 1989, celui de « Tenue de Ville », en 1997, et trois fois le « Prix du Théâtre » (en 2001, 2004 et 2006) couronnant le Meilleur auteur

(Photos : Mireille Dabée)

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Pourquoi écrire pour le théâtre ? Pour participer le plus humblement et le plus clairement possible au mouvement de la pensée des hommes par l’exercice vivifiant du doute, répond Pietro Pizzuti. Pour parler autrement que par la parole. Dire par là l’incommensurable déception qui est la mienne au sujet de notre être humain. Dire surtout qu’elle n’a d’égal que l’inextinguible amour que je porte aux hommes et aux femmes qui en sont. Inventer les histoires qui disent ça : la meurtrissure d’appartenir à l’espèce inhumaine et la volonté analytique de la comprendre. Pour apprendre à résister intellectuellement et pratiquement – je veux dire au-delà de l’émotion- à la barbarie qui nous est constitutive.
Quelques ouvrages de sa plume ne sont pas passés inaperçus : Les ailes de la nuit, Leonardo ou le souci de l’éphémère, récompensé par le prix André Praga, Alba Rosa primé par la SACD, N’être, La résistante (Lansman) prix de l’Union des Artistes SACD-Lansman 2003 et Prix du Théâtre 2006, L’hiver de la cigale, Le silence des mères (Lansman), une pièce bouleversante qui a été reprise plusieurs fois, Prix du théâtre 2006, Le sacrifice du martin-pêcheur, L’eau du loup (un plaidoyer pour le droit à l’eau), Placebo, Kif-Kif, L’initiatrice, B.U.I.T.E.N. Airlines et Pop-Corn que le public pourra découvrir tout prochainement aux Riches Claires, à Bruxelles.
La pièce met en scène MartO, sexy-clown plébiscitée, qui explose l’audimat. Elle est la présentatrice vedette de « Pop-Corn, le show qui saute qui peut ! ». Le show télévisé le plus politiquement incorrect de la décennie. Les règles du jeu sont claires : elle y reçoit les politiciens et les personnalités les plus en vue, les asperge de questions-pièges et d’insinuations fumeuses comme huile bouillante, puis se délecte à les voir sauter, à qui mieux-mieux, dans la poêle chauffée à blanc de son plateau télévisé. Tous les coups lui sont permis y compris l’appel aux questions des téléspectateurs. Résultat : deux heures de délire télévisuel irrésistible.
MartO au nez rouge et au body arc-en-ciel est imparable : son sex-appeal et son professionnalisme la mettent à l’abri de tout. Sa direction la couvre… jusqu’au jour où une décision « d’en haut » la suspend de ses fonctions. Le soir même, elle frappe au bureau de l’Administratrice Générale de la chaîne : Maude Brassin, son ex.

Voilà pour le Pietro Pizzuti dramaturge.

Quant au Pietro Pizzuti metteur en scène, il nous fixe rendez-vous au Théâtre le Public avec la pièce Constellations, de Nick Payne  avec les comédiennes Marie-Paule Kumps et Bernard Cogniaux, du 13.03 au 28.04.2018.

Et il y a bien d’autres Pizzuti à découvrir encore !

Noëlle Lans

 

 

Gao Xingjian à Bruxelles

Bruxelles a offert en 2015 à l’artiste Gao Xingjian, de son vivant, ce qui est chose rare, la plus grande rétrospective de sa carrière, dans deux musées prestigieux de la capitale : le Musée d’Ixelles, pour les tableaux, et les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique pour six œuvres monumentales spécialement conçues pour un nouvel espace, la salle Bernheim.

Gao Xingjian, auteur prolifique, artiste prodigieux, Prix Nobel de Littérature en 2000, Français d’origine chinoise – né à Ganzhou, en 1940 – se veut un « passeur » entre le monde oriental et le monde occidental où il s’est intégré. Contraint à l’exil en 1987, il vit en France, où il a obtenu l’asile politique, depuis 1988. « Passeur » entre deux mondes, mais aussi entre deux formes artistiques, la peinture et l’écriture, l’artiste est également scénariste, metteur en scène, et a traduit en mandarin des auteurs comme Prévert, Ionesco, ou encore Michaux.

En quête de sublime, l’exposition « Gao Xingjian. Rétrospective » offre un voyage initiatique propre à nous ressourcer en ces temps incertains, constate Michel Draguet, commissaire de l’exposition à Ixelles.

Rien de figé, en effet, ou d’étiqueté, dans l’œuvre puissante de cet artiste contemporain, résolument à part. Œuvre expressive, mais explorant les subtilités de l’âme, dont la portée est intemporelle autant qu’humaniste et universelle. Tout y est apesanteur, pensée ailée…

Je pense que de nos jours, si on veut encore faire de la peinture et revenir à l’image, il faut chercher d’autres voies possibles. C’est ce qui est particulier dans mon art.

 Peut-on encore trouver une voie entre elles, qui ne soit ni figuration, ni abstraction, ni représentation, ni expression ? Je trouve qu’il y a encore d’autres possibilités, un espace très vaste à explorer entre abstraction et figuration. L’évocation ou la suggestion, par exemple. C’est mon orientation, ce que je cherche dans mon travail pictural, explique Xingjian dans une interview accordée au Musée d’Ixelles.

 

L'attente

 

Ce qu’il y a de particulier dans la double exposition de l’artiste, c’est qu’il utilise aussi bien l’encre de Chine et le papier, matières plutôt orientales, que la peinture sur toile, dont le châssis et la toile sont traditionnellement  liés à l’Occident. Deux matières donc pour une œuvre purement picturale qui laisse une place prépondérante à l’imagination de chacun. L’artiste évoque, suggère, sans rien imposer, ce qui titille, entre autres, l’esprit créatif des écrivains car chaque tableau pourrait illustrer une œuvre littéraire, ou l’inspirer…

 En fait tous mes tableaux, toutes les images que je crée peuvent être vus de façon très littéraire, quelques fois philosophique, voire même métaphysique. (Archives Musée d’Ixelles).

 Noëlle Lans

 

Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique