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AS – Comédiens et chanteurs

Arts de la scène

En week end avec Albin à Tournai

Albin de la Simone (dont c’est le vrai nom !) sera sur la scène du Centre Culturel de Tournai du 12 au 14 mai prochain.

 

 

Auteur-compositeur-interprète et arrangeur français, pour Miossec, Vanessa Paradis,  Arthur H, Alain Souchon, Raphael, Mathieu Boogaerts, Iggy Pop ou encore Salif Keita…, Albin sortira son cinquième album début 2017. Ayant fait ses études à l’Institut Saint-Luc à Ramegnies-Chin, il est particulièrement lié à Tournai.

Maison de la Culture de Tournai

Avenue des Frères Rimbaut 2 – 7500 Tournai

+32(0)69 25 30 80
billetterie@maisonculturetournai.com

Bruno Coppens, la maîtrise des mots ébouriffés

 

Né à Tournai, et habitant la ville des cinq clochers, Bruno Coppens, le comédien, l’humoriste, l’animateur infatigable que l’on sait, est passé maître dans l’art de dire et de conter la vie en se jouant des mots que tous nous connaissons, mais qui, grâce à lui, se jouent de nous !

 

 

 

(photo : M.Dabée)

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Propos recueillis par Noëlle Lans

 

Comment devient-on « jongleur de mots » ? Votre univers familial y a-t-il contribué ?

On jouait tous avec les mots (on était huit enfants) aux repas du dimanche, ça m’est resté ! Et j’adorais Devos à l’adolescence.

 

Où trouvez-vous votre inspiration qui semble inépuisable ?

L’actualité est abondante. En surfant quinze minutes, vous trouvez matière pour dix billets !

Testez-vous vos jeux de mots et vos spectacles auprès de proches (famille, amis) avant de les livrer au public ?

 

Je le faisais avant mais plus maintenant. Je teste directement… sur scène ou dans les chroniques !

 

 

Quelle technique utilisez-vous pour écrire vos textes ? Bouts de papier ? Magnéto ? Ordi ?

Je note et dans ma tête j’enregistre et puis ça trotte. Deux heures plus tard, je reprends, et le lendemain, et ainsi de suite…

 

Vous arrive-t-il de vous lever la nuit pour noter fébrilement un bon mot ou une idée qui vient de vous traverser l’esprit ?

Oui, souvent ! Ou alors j’arrive à retenir sans noter !

(photos : N. Lans)

 

Laissez-vous parfois « dormir » vos textes pour les peaufiner ensuite ?

Pour les spectacles oui, pas pour les chroniques. Pas le temps !

 

Travaillez-vous à plusieurs projets en même temps ?

Oui, livre, spectacle et chroniques et production d’Un Samedi d’enfer qui prend beaucoup de temps.

 

Vous créez presque « à jet continu »… billets d’humeur pour la presse, passages ponctuels à la radio, sur scène… sorties de livres, élaboration d’un dictionnaire… Vous devez être fameusement organisé !

Je tente de l’être ! Et j’ai des heures, des jours de remises de chroniques ou des dates de spectacles qui me servent de calendrier !

 

Vous considérez-vous comme le fils spirituel d’un humoriste particulier ?

Davantage héritier de Sol, le Québécois, que de Devos, le Français, même s’il m’a influencé beaucoup.

 

(photo : Anita De Meyer)

 

Êtes-vous sensible à toutes les formes de l’humour, anglais, juif, humour noir?

Oui, je suis bon public et surtout j’écoute en professionnel pour voir comment l’humour est décrit, le début, la chute…                          

Appréciez-vous certaines femmes humoristes ?

Oui, Forresti, Valérie Lemercier !

 

Pourriez-vous envisager un duo avec l’une d’entre elles ?

Ah ?!? Pourquoi pas ! Faut voir, côté écriture, comment combiner mon style à un autre …

 

L’humour connaît-il des frontières ou pourrait-il, au contraire, être considéré comme un langage universel ? Un clin d’œil entre les humains ?

C’est le propre de l’homme et c’est comme ça qu’on sait qu’on est vivants, en riant ensemble !

                     (photos : Mireille Dabée)

Quelques spectacles de Bruno Coppens : La vie est un destin animéTrac! – Ma Terre happy ! – Ma déclaration d’humour – Mes singeries vocales.

Bruno Coppens se produit régulièrement un peu partout à travers la Belgique, mais aussi en France, en Suisse, à Montréal …

Il est l’auteur d’un Ludictionnaire en deux volumes (Racine).

Parmi les émissions radio : le « Café serré » du lundi … et « Un samedi d’enfer » le samedi (RTBF)

Il a récolté de nombreux prix, entre autres :

1982 – Prix de la presse et public au festival international du rire de Rochefort

1987 – 1er prix au festival d’humour du Mans

1987 – 1er prix au festival international du café-théâtre d’Evry

1987 – Prix spécial du jury au Festival du rire de Rochefort

1995 – Prix du Sourire, Montreux – Suisse

1997 – Prix Claude de Groulart – SABAM Théâtre francophone

2005 – Médaillé « Chevalier de l’Ordre de la Couronne »

2006 – Nommé au prix « Kiosque » du meilleur seul en scène

 

 

Olivier Gourmet de l’ordinaire à l’extraordinaire

OLIVIER GOURMET

Passer de l’ordinaire à l’extraordinaire !

                                                                                                               

                                                                                                                                    Propos recueillis par Noëlle Lans.

 

Après avoir suivi l’enseignement du Conservatoire de Liège, puis celui du Cours Florent à Paris, Olivier Gourmet rentre en Belgique et commence une carrière théâtrale, principalement au Théâtre de la Place à Liège (actuel Théâtre de Liège), mais aussi à Bruxelles, à la Balsamine ou au Varia. Cette carrière va se raréfier au fil du temps au profit du 7ème Art.

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Olivier Gourmet, sans doute seriez-vous davantage sur scène si La Promesse de Jean-Pierre et Luc Dardenne n’avait lancé votre carrière cinématographique, de façon fulgurante, en 1996 ? Avez-vous encore des demandes côté théâtre ?

Effectivement, sans La Promesse, je serais sans doute toujours sur les planches et j’ai toujours des demandes.         Un jour peut-être …

Au théâtre, comédiens et public partagent l’instant présent et s’entendent presque respirer mutuellement. Cela vous manque-t-il ou préférez-vous, au contraire, la seule présence de l’équipe cinématographique pour vous exprimer ?

Le cinéma me permet de sortir des quatre murs et de rencontrer les gens « dans leur condition ».

À propos de théâtre, y a-t-il des comédiens belges que vous appréciez particulièrement ?

Je ne me rends plus guère au théâtre et suis totalement en dehors du milieu depuis de nombreuses années. Je ne connais que les acteurs qui étaient déjà en place il y a une vingtaine d’années : Philippe Jeunette, Alexandre Trocki, Philippe Grand’henry, Janine Godinas, Pietro Pizzuti, Alexandre Von Sivers, Luc Van Grunderbeek, François Sikivie…

En tant qu’acteur de cinéma, quelle est votre perception lorsque le tournage se fait «caméra à l’épaule», comme avec les Frères Dardenne ?

Il y a plus de rythme et de dynamique, la caméra devient partenaire, elle permet d’être davantage avec les corps …

La Promesse en 1996, Rosetta en 1999, Le Fils en 2002 – où vous décrochez le prestigieux prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes -, Le silence de Lorna en 2008, Le Gamin au vélo en 2011, Deux jours, une nuit en 2014, autant de réalisations des Frères Dardenne dans lesquelles vous figurez. Vous semblez être leur acteur fétiche ! A moins que ce ne soit le contraire ? Comment expliquer cette collaboration hors du commun ?

Une amitié, la fidélité des Frères Dardenne, leur reconnaissance, nos  affinités …

Le dernier film réalisé par les Dardenne, La Fille inconnue, vient de sortir sur nos écrans. Pouvez-vous nous en dire quelques mots? L’ambiance du tournage ? Le rôle que vous incarnez ?

Je n’avais que deux jours de tournage. L’ambiance était joyeuse et détendue tout en restant rigoureuse… Mon personnage est secondaire, un suspect possible dans la disparition de la jeune fille, un vendeur véreux de voitures et de caravanes d’occasion.

Vous avez également joué dans deux longs métrages de la cinéaste belge Marion Hänsel, La Tendresse en 2013 et, cette année (2016), En amont du fleuve. Quelle impression gardez-vous de ces tournages ?

Un film avec Marion, c’est des vacances ! Elle fait peu de prises, elle aime ce qui est d’instinct, direct, frais … Elle sait ce qu’elle veut et elle le rencontre souvent dans les premières prises. Elle est profondément humaine et a du respect et de l’attention pour chacun dans l’équipe. C’est aussi quelqu’un de fidèle, elle travaille depuis le début avec les mêmes personnes, ce qui crée une ambiance sereine et familiale.

Toujours en Belgique, vous avez incarné, en 2004, le rôle d’un policier très typé dans Quand la mer monte, de Yolande Moreau et Gilles Porte. Yolande Moreau ! Un monstre sacré… et un être humain extraordinaire, ce qui ne va pas nécessairement de pair. Comment percevez-vous cette comédienne ?

C’est une personne « normale », ce qui est rare dans le métier. Elle est généreuse et a la joie communicative. Elle aime la vie et ne se prend jamais au sérieux.

Comme Yolande Moreau, vous parvenez à concilier « l’être et le paraître » en privilégiant la simplicité et le contact « vrai » entre les humains. Est-ce un trait de famille ?

Ce sont des valeurs que nous revendiquons.

Quand vous incarnez un personnage, vous détectez ce qu’il y a d’extraordinaire en lui, afin de l’offrir aux spectateurs. Comment passe-t-on de «l’ordinaire» à  «l’extraordinaire» ?

Pour se faire, il faut un scénario qui aille dans le même sens. De l’infime ordinaire, on peut faire quelque chose de fort et d’universel, mais il faut que l’écriture aille dans ce sens également, et que le réalisateur ait cette sensibilité. Il faut vivre dans le monde, avec les gens ordinaires, être touché, sensible à ce qu’ils sont, les aimer … Sur le plateau, il s’agit ensuite d’être simple, d’être dans leur corps et dans leur âme, comprendre leurs mouvements et ce qui les anime.

À raison de plusieurs films par an, sans périodes sabbatiques semble-t-il, vous figurez aux génériques d’innombrables films de réalisateurs belges, aussi bien que français (Patrice Chéreau, Jacques Audiart, Bertrand Tavernier … et tant d’autres !), ou encore étrangers (on pense à Costa-Gavras). Considérez-vous le cinéma belge comme étant « à part » et, si oui, quels sont les ingrédients qui permettent de le différencier ?

Il est à part car terriblement singulier, et non consensuel, ce qui fait notre richesse, nous n’avons pas encore été rattrapés par l’industrie du cinéma, mais attention…     

Farouchement vous-même, vous échappez aux tiroirs et aux étiquettes, refusant d’être enfermé dans un style trop précis. Si vous êtes connu pour vos interprétations de films d’auteurs – cinéma politique, engagé, réaliste, policier – vous figurez aussi dans des castings de films « grand public » comme Mesrine de Jean François Richet ou encore Rien à déclarer de Dany Boon. Quels sont les critères qui vous font accepter un rôle ?

 Le plaisir, les personnages ordinaires, les rencontres et parfois l’envie de retrouver certains comédiens, comme dans Rien à déclarer.

En 2008, vous partagiez l’affiche du film Home d’Ursula Meier avec Isabelle Huppert, monstre sacré du cinéma français. Quel souvenir gardez-vous de cette expérience ?

C’était un premier film pour Ursula Meier et ce n’était pas toujours facile, mais accompagner un jeune réalisateur est toujours enrichissant, surtout quand le scénario est intéressant.

Comment percevez-vous votre métier de comédien ? Pourriez-vous encore vous en passer ?

Je pense que le cinéma, outre le divertissement qu’il procure, est un lieu de résistance, de formation, qui permet d’élever la sensibilité, l’âme… Cela me manquerait car découvrir de nouveaux horizons, de nouveaux réalisateurs, partenaires et belles histoires est excitant…

Est-il facile de rester soi-même en incarnant autant de personnages différents au cours d’une vie ? Y a-t-il parfois risque de perdre son identité ou d’avoir envie d’en changer ?

 Ce n’est pas difficile pour moi, c’est un jeu…

 Si vous ne deviez retenir qu’un seul rôle parmi les innombrables déjà interprétés, quel serait-il ? Et pourquoi celui-là ?

Le rôle de L’Exercice de l’État est le plus riche, le plus complet que l’on m’ait proposé.

Êtes-vous sensible à la critique, aux critiques, en général, ou à certaines critiques en particulier ?

Quand la critique s’attaque aux personnes gratuitement, cela me fait mal, sinon,  même si elle est aisée, elle est nécessaire et peut permettre de se remettre en question, d’évoluer…

Bertrand Tavernier n’a-t-il pas été le premier cinéaste à exploiter votre veine comique dans Laissez-passer, où vous teniez le rôle de Roger Richebé ? Est-ce un souvenir jubilatoire ?

Absolument ! On ne me propose pas assez ce genre de composition.

Cet art de faire rire remonte-t-il à votre enfance ? Appréciez-vous toutes les formes de l’humour ?

Oui, je voulais être clown, mais certaines formes d’humour m’agacent.

Vous avez grandi à Mirwart, un charmant village situé près de Saint-Hubert, en Province de Luxembourg, dans un hôtel exploité par votre famille depuis plusieurs générations et dont vous avez repris la gestion avec votre épouse. Le choix de maintenir l’aspect « chambres d’hôtes » du lieu est-il source d’équilibre dans votre vie ? Vous permet-il de rester en contact avec les gens ou de bénéficier d’un certain « anonymat » ? 

Rester dans une vie « normale » est ressourçant et essentiel pour moi.

Vous ne détestez pas travailler de vos mains, paraît-il, et participez à maintes tâches attachées au domaine … côté cuisine, côté jardin …

Les deux, mais aussi côté menuiserie, maçonnerie, électricité…

Vos enfants Louis et Juliette vont-ils suivre les traces de leur père ou ont-ils d’autres aptitudes ?

Ils vont suivre d’autres chemins.

Parlez-vous le patois de votre région ?

Oui.

Quelle est votre perception de la résurgence des langues régionales ?

Tant que cela ne devient pas du nationalisme, c’est une richesse…

Un film en patois serait-il envisageable dans votre carrière ?

Parfaitement.

Si vous pouviez réaliser un vœu pour vous-même, quel serait-il ?

Avoir la santé.

Un vœu pour l’humanité ?

Le respect universel.

 

Irène Deneuville « Troubadour des poètes belges »

« Troubadour » ! J’aime ce nom, disait Irène Deneuville. La route, l’inconnu m’ont toujours fascinée. Pour moi, la chanson est plus qu’une chanson, une rencontre, un message d’amitié, une main offerte …

Difficile de parler d’Irène Deneuville au passé, d’autant que son premier roman « La quête » vient de paraître chez Édilivre, en avril 2016.

Quand des animaux et des êtres humains arrivent à communiquer entre eux, c’est qu’une authentique relation peut améliorer la compréhension entre les uns et les autres. Gardons cependant nos distances. Ceci n’est que de la fiction. Un chat sera toujours un chat et un homme toujours un homme…

Auteur-compositeur-interprète, Irène Deneuville débute sa carrière en 1971 au Grenier aux Chansons, chez Jane Tony, puis travaille avec Camille Biver au Petit Laboratoire de la Chanson. Elle enregistre quelques vinyls puis, de 1996 à 2000, sort 3 CD dont un consacré aux poèmes d’Andrée Sodenkamp qui observe :

Irène Deneuville, c’est d’abord une voix belle et impérieuse, libre de toute mode, qui se lie au texte et le soulève.

Chanteuse engagée, passionnée par le verbe et la musique, elle participe à plusieurs festivals en Belgique et en France et y remporte un franc succès. À partir de 2003, elle fréquente aussi l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles et l’École d’Art d’Anderlecht, et s’intègre dans le collectif Talent en Mouvement avec lequel elle expose ses tableaux (techniques mixtes) et anime les vernissages.

Née en 1946, Irène Deneuville venait de fêter ses 70 ans…

 

Noëlle Lans