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AS – Comédiens et chanteurs

Arts de la scène

Irène Deneuville « Troubadour des poètes belges »

« Troubadour » ! J’aime ce nom, disait Irène Deneuville. La route, l’inconnu m’ont toujours fascinée. Pour moi, la chanson est plus qu’une chanson, une rencontre, un message d’amitié, une main offerte …

Difficile de parler d’Irène Deneuville au passé, d’autant que son premier roman « La quête » vient de paraître chez Édilivre, en avril 2016.

Quand des animaux et des êtres humains arrivent à communiquer entre eux, c’est qu’une authentique relation peut améliorer la compréhension entre les uns et les autres. Gardons cependant nos distances. Ceci n’est que de la fiction. Un chat sera toujours un chat et un homme toujours un homme…

Auteur-compositeur-interprète, Irène Deneuville débute sa carrière en 1971 au Grenier aux Chansons, chez Jane Tony, puis travaille avec Camille Biver au Petit Laboratoire de la Chanson. Elle enregistre quelques vinyls puis, de 1996 à 2000, sort 3 CD dont un consacré aux poèmes d’Andrée Sodenkamp qui observe :

Irène Deneuville, c’est d’abord une voix belle et impérieuse, libre de toute mode, qui se lie au texte et le soulève.

Chanteuse engagée, passionnée par le verbe et la musique, elle participe à plusieurs festivals en Belgique et en France et y remporte un franc succès. À partir de 2003, elle fréquente aussi l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles et l’École d’Art d’Anderlecht, et s’intègre dans le collectif Talent en Mouvement avec lequel elle expose ses tableaux (techniques mixtes) et anime les vernissages.

Née en 1946, Irène Deneuville venait de fêter ses 70 ans…

 

Noëlle Lans

 

Suzy Falk à jamais parmi nous

Suzy Falk a fait salle comble pour son dernier spectacle. Standing ovation quand elle s’est retirée. Tous l’ont applaudie avec ferveur, ce vendredi 10 juillet 2015, avenue du Silence à Uccle. Une grande dame s’en est allée, au son du violon et de l’accordéon, sur une musique juive mélancolique. Ses amis et parents l’ont accompagnée une dernière fois, riant et pleurant tour à tour, se rappelant ce qu’elle avait dit, comme elle l’avait dit. La comédienne Carmela Locantore parla du même timbre de voix qu’elle, avec les mêmes inflexions et la même puissance. Julos Beaucarne entonna une mélopée d’amour à sa chère et vieille amie. Tous avaient à coeur de dire ce qu’ils avaient retenu de leur rencontre avec cette immense artiste.

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(Archives Carmela Locantore)

Suzy aurait, à n’en pas douter, tout aimé de cette dernière rencontre… la musique, le chant, la parole !

 

 

Mireille Dabée

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MESSAGE DE L’UNION DES ARTISTES

Suzy n’est plus …  Nous apprenons avec une grande tristesse le décès de notre chère et pourtant si forte Suzy Falk (il fallait bien que cela arrive un jour !). Suzy, membre de l’Union depuis des siècles. Suzy artiste et amie de tous. Suzy rebelle aussi. Suzy « engagée » avant l’heure, presque dans l’âme. Suzy ayant soutenu jusqu’au bout, avec force et vigueur, l’ensemble de notre positionnement et de nos revendications à l’Union pour une meilleure défense morale des artistes notamment. Suzy contestataire du consensus dominant lorsque celui-ci ne fait plus avancer les choses. Suzy résistante au fascisme également, à la dictature, à la déportation,  Suzy tellement unique et tellement humaine, dame à la grande âme et au coeur noble. Nous venions justement de décider avec notre bureau de l’Union de lui rendre un hommage de son vivant avec un portrait filmé que nous devions entreprendre avec elle prochainement – archive nécessaire d’un projet maintenant caduque ?
Et comme Carmella Locantore, sa grande amie, le dit si bien: « Suzy s’en est allée retrouver ses étourneaux, son tilleul, et son cosmos ! Comme elle le racontait si bien dans ses Petites histoires. Elle était si célèbre et si aimée. Les gens l’arrêtaient toujours dans la rue car il la reconnaissait comme artiste et comme femme-artiste. Elle a consacré sa vie a pratiquer l’art de la parole. Son écho sera long à s’éteindre. »

UNION DES ARTISTES DU SPECTACLE asbl
Galerie Agora – Rue Marché aux Herbes, 105/133
1000 Bruxelles
Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles – Service Théâtre – et de la Commission Communautaire française

 

Suzy Falk

SUZY

(Photo : Mireille Dabée)

Il n’est pas rare que des gens l’arrêtent en rue pour lui témoigner leur admiration. Ils l’ont vue jouer dans telle ou telle pièce et ne sont pas prêts de l’oublier.

Sur les planches depuis 1946, Suzy Falk, la doyenne de nos comédiennes belges (elle est née le 23 novembre 1922), a défendu presque tous les auteurs dramatiques dans quasi tous les théâtres du Royaume et sous la direction des metteurs en scène les plus exigeants. Impossible de résumer sa carrière en quelques lignes. Impossible aussi d’essayer de la définir, car elle-même en serait bien incapable : « J’ignore qui je suis, mais je cherche ! » répond-elle, si on lui pose la  question. S’il ne fallait épingler qu’un seul personnage, parmi les centaines qu’elle a incarnés sur scène, ce serait sans doute « Mère Courage », son rôle le plus « costaud » qui lui a valu, à l’époque (vers 1965-66), les honneurs de « Paris Match ».

Dans son spectacle « Suzy raconte », qu’elle assure seule et met en scène, la comédienne joue son propre rôle, c’est-à-dire qu’elle invite le spectateur à découvrir des bribes de son vécu – quotidien, carrière, voyages, expériences diverses. Au gré de petits papiers, soigneusement mélangés dans un chapeau*, et que le public est invité à tirer au sort, les anecdotes se succèdent, sans que l’on voie le temps passer. La plupart sont savoureuses, voire désopilantes, mais pas toutes (on songe, par exemple, aux épisodes liés à la Shoah). Comme il s’agit d’improvisations – Suzy y tient et refuse que ses histoires soient figées sur le papier – le public des habitués, ses « fans », comme elle s’amuse à les qualifier, peut les entendre plusieurs fois sans jamais se lasser.

* Chapeau porté sur scène, en son temps, par Claude Etienne, fondateur du Rideau de Bruxelles.

Elle est attentive aux autres, dans la vie de tous les jours, et les autres l’écoutent, avec intensité, dès qu’elle est sur scène. Ils sont là, face à face, comédienne et public respirant au même rythme, échangeant en profondeur le secret des mots. Des liens invisibles se tissent et parfois se resserrent bien après le spectacle.
Suzy Falk vit le théâtre au maximum, comme elle l’a toujours fait, par toutes ses fibres, son moindre grain de peau. Et elle nous le fait vivre, avec son regard vif, criblé d’intelligence et sa diction parfaite.
« Suzy raconte » : un spectacle à découvrir ou à revoir !

Noëlle Lans