La Librairie Peinture fraîche vous convie à une exposition de Maggy Demoulin (peintures) et de François Canart (sculptures).

Vernissage le jeudi 19 avril 2018 à partir de 18h.

Pour lancer sa saison printanière, la librairie Peinture Fraîche reprend ses expositions avec la peinture et l’encre de Chine, savamment entortillées sur la toile par une personnalité appréciée des maîtres de ces lieux. Point de népotisme mais une admiration sans fards pour les compositions de l’artiste, les ombres et les formes, la végétation onirique qui peuple ses toiles. Pour quelques semaines elle donnera vie à la salle d’exposition en compagnie du sculpteur François Canart,

        

Llibrairie Peinture Fraîche, 10, rue du Tabellion, 1050 Bruxelles.

« Ceci n’est pas un Jardin…

Les mains dans la glèbe, sécateur ou binette en bandoulière, Maggy Demoulin donne vie chaque année aux floraisons de son Eden. Un Paradis, jamais perdu, pour celle qui, au quotidien, s’y abreuve de plénitude.
Troquant l’outil de la terre pour le pinceau, l’huile ou l’aquarelle, Maggy Demoulin transcende-en le magnifiant- le genre de la « peinture de jardin ». Par-delà les altérations que le climat leur inflige, elle porte sur arbres, plantes et parterres de fleurs un regard sensible surplombant en quelque sorte le cycle perpétué des saisons. Son œuvre s’interprète comme une sonate annuelle en quatre mouvements.
 
Le renouveau du printemps, vibrant, met en évidence la douceur des glacis jaunes, bleus ou verts pâles enveloppant les contours d’un monde en fin de gestation.
Les rouges enflammés, le vert jade ou émeraude, comme d’audacieux mauves, résonnent et fêtent les retrouvailles de la lumière avec la maturité estivale.
Beiges et bruns sont à leur tour les accents automnaux d’une musique en mode mineur chantant au rythme de la chute des feuilles.
 
Comme en point d’orgue, le tempo hivernal gris perle décliné jusqu’au céladon, par les lavis d’encre renvoie à une forme de calligraphie qui nous parle d’Extrême-Orient. Le thème du « jardin » comme tel est progressivement mis à distance.
Peut-être est-ce par ce choix de couleurs et aussi dans l’invention pure du trait signant les compositions en mode gris sombre que Demoulin donne à son travail le souffle le plus fécond.
Clôturant en somme le cycle des saisons, et à la manière des artistes confucéens ou taoïstes, elle nous renvoie à la dimension cosmique du minéral, de l’aquatique et du végétal. La mémoire de la contemplation en Orient culmine en images renvoyant à l’essentiel ; décliné seulement en noirs et blancs, l’ornement ne lui sied guère…
 
Au travers des sentiers de son jardin, c’est à un cheminement tout en décantation que Maggy Demoulin nous aura invités. Une promenade initiatique et mémorielle où le regard, davantage que la voix, aura eu son mot à dire ! »

(Michel Van Lierde, Chroniqueur d’art, collectionneur.  Novembre 2017)