Nus

J’ai habillé mon corps / de soie et de dentelle / Entrelacée de fils d’or / Pour que tu me trouves belle.         –      J’ai rosi mes lèvres / Pour que chaque parole / te révèle un mystère / Ou une parabole.         –      J’ai fardé mes yeux / De khôl et de rimmel / et un peu de bleu / Engendré du ciel     –      J’ai cambré mes reins / Jusqu’à la meurtrissure / Je t’ai offert mon bien / Jusqu’à la déchirure.  –   J’ai provoqué ton ciel / Qui se donnait à moi / Et crevait en étincelles / Et mourait dans mes émois.       –   Nos coeurs en harmonie / dans nos corps en sueur / Découvrent enfin la vie.    –    Un homme et une femme / Refus… / Nus…

Le pardon

Par cet acte d’amour qui t’a engendrée  / Par mes flancs fécondés de ton innocente vie / Par mon ventre dévasté sublimé de ton premier cri / Par le cordon ombilical qui m’a soudée à toi / Par ma faim de tes baisers que je quête en vain / Par ma soif de tes caresses dont tu combles les autres / Par mon silence face au mépris dont tu m’éclabousses / Par mon coeur qui saigne de ta cruelle absence / Par mon amour de mère que tu n’arrives pas à tuer / Par la voix de mon sang qui jaillit dans tes veines / Par ma vie qui t’a donné la vie / Je te pardonne…  Mon enfant !

Je te dirai encore…

Je te dirai encore… / Doucement, au creux de l’oreille / Des mots de miel / Savourés jadis à ton réveil.    –    Une larme perlera sur ta paupière / Ton bonheur sera éphémère / Ta joie ne sera que chimère / Car je ne serai plus près de toi.   –    J’ai pris mon envol de colombe / Dans le mystère d’une nuit qui tombe / Et éteint les lumières du monde / Renaissant au firmament.    –  Je te dirai encore…. De l’éden du poète où je repose / Que mes paupières se sont closes / Avec ton visage et toutes ces choses / Sur le voile de mon dernier regard !    –     Je te dirai enfin… / Perdue parmi les séraphins / « Ton dernier souffle m’appartient. » / Prends-moi la main. / Il est long le chemin … / Je ne suis pas si loin… !

Les Dieux

Aux premières lueurs de l’aube / Je contemple Poséidon / Le rivage frangé de vagues / Ourle son écume sur le sable blond / qui caresse et réveille Cupidon.   –    Au zénith, Apollon courtise Zeus / Leur  union jaillit en pluie d’or / Sur les lames aux reflets de feu / Où Vénus se baigne au Thermidor    –    Au couchant, fatigué, le Dieu Ra se repose / A Poséidon abandonne sa lumière / Lentement Adonis clôt ses paupières / Les Dieux immortels renaîtront demain en apothéose!