Jean Mineur, Testament d’étoile, poèmes, Editinter. Mme Anne-Marie Mineur, 53, boulevard du Souverain, 1160 Bruxelles.Tél : 02/673.73.08

J’avais préparé une courte présentation de Jean Mineur et de son œuvre, à paraître dans le numéro du second trimestre, et voilà que je reçois un nouveau recueil, Testament d’étoile, que m’envoie son épouse. Recueil venu d’outre-tombe, si l’on veut, mais d’une telle clarté, d’une telle luminosité, que tout ce qui l’entoure, et même ce ciel bleu de gel et de grand froid, semble venu là pour les éclairer, leur prêter lumière et chaleur.

Les thèmes habituels de son œuvre y abondent: les pierres précieuses, les étoiles, le grand ciel ouvert,, et cet arbre blanc qui voyage…La première partie du recueil est conçue en vers irréguliers, tandis que la seconde se présente sous la forme du sonnet, mais toutes deux gardent le même esprit: rien d’obligatoire, rien de réducteur,, tout coule de la même source et se rejoint à l’estuaire, quels que soient les méandres du fleuve.

Rien de lugubre, encore une fois, bien au contraire, tout ici est porte-lumière. Aucune tentative non plus de catéchisation, seulement le récit d’une démarche cent fois reprise. L’individuel se fond dans la communauté, sans ostentation. Mais écoutons-le plutôt, dans le sonnet intitulé L’arbre::

Arbre de mes saisons et des heures du jour,/Au Soleil rendant grâce, et d’ombre généreuse,/Trouvant salut de l’âme en l’immortel Amour/ Racines de mystère, enfance douloureuse.//Les anges du chemin connaissaient le parcours/Dont se souvient l’arbre d’automne aux très nombreuses/Epreuves dont il triompha par grands secours/Avant de découvrir la route merveilleuse.//La source cristalline est vivant souvenir/Dont le brillant trésor est gage d’avenir./La quête du Secret est quête de lumière//Plus ardente toujours à mesure du temps/Et à jamais dédiée à l’Esprit tout entière/Ainsi que l’a voulu l’arbre profondément.

Que pourrait-on dire encore? Sinon que ce témoignage nous ramène aux plus anciens témoignages de la foi, au temps de Maître Eckart et d’Hildegarde von Bingen, aux temps où tout était symbole, ou tout rayonnait aux yeux du voyageur. Quelles que soient ses convictions, il ne peut se passer d’un peu de cette lumière.

Joseph Bodson